ESPACE(S) URBAIN(S) DE TRANSITION

« L'homme est l'être qui ne peut jamais s'empêcher de séparer en reliant et qui ne saurait relier sans séparer ; c'est pour cette raison que l'existence indifférenciée de deux rives doit d'abord être perçue par l'esprit comme l'existence de deux choses dissociées qui doivent être ensuite unies par un pont. »

Georg SIMMEL

TRANSITION:

n. f., transicion du latin « action de passer de l'autre coté » et du grec transsision « moment passager »
1. Qui constitue un état intermédiaire; qui est envisagé comme un simple intermédiaire entre deux états. (Le Robert, le dictionnaire de la langue française.)
2. 1835 « intermédiaire, moyen terme » (Balzac)

Le réseau des espaces publics comprend des espaces qui les relient intérieurs ou extérieurs qu'on appelle espace de transition. Ils sont de différentes sortes, majeures ou mineures, de statut public ou privé.

ENTREE - SEUIL
L'entrée est marquée par un seuil, permettant le franchissement entre l'espace extérieur et l'espace intérieur d'un bâtiment (1). Elle peut amorcer une traversée au sens symbolique pour passer d'un état matériel à un état spirituel.

PARVIS - ESPLANADE
Le parvis et l'esplanade se situent devant l'entrée principale d'un édifice public important. Offrent aux piétons un espace dédié soit à la contemplation, soit à l'accueil, soit aux activités de toutes sortes. La Défense illustre trois espaces de transition. (2)

PORCHE - AUVENT -MARQUISE Le porche (3), l'auvent (4) ou la marquise sont des constructions en avantcorps abritant, du soleil et des intempéries. Le porche sert de passage couvert dans l'épaisseur d'un bâtiment assurant une transparence. L'auvent peut être monumental (5). La marquise est un petit auvent transparent au dessus d'une entrée (6).

PORTIQUE - ARCADE - COLONNADES
Le portique (7), galerie ouverte ou passage, borde les rues de certaines villes. Accolé à un bâtiment, il permet une ouverture sur un espace découvert.
A. Perret utilise la transition publique/privée par la façade avec des portiques en rez-de-chaussée ouvrant sur la place de l'hôtel de ville du Havre.
L'arcade (7) est une construction formée d'un arc de voûte soutenu par des piliers ou des colonnes. Se trouvant soit de côté, soit dans l'abside ou la nef. (Le Robert)
Les colonnades, rangée simple ou double de colonnes, décorent un édifice ou forment un ensemble architectural.

GALERIE - PASSAGE -TRABOULE
La galerie couverte, dont la voûte est maintenue par des colonnes ou des arcades sur au moins un côté, convie les piétons à une promenade.
La galerie, le passage couvert et la traboule s'apparentent à des formes urbaines de qualité dans les villes. (8)
« Les traboules du quartier de la soierie étaient faites à la semblance des étroits et sombres passages dans le quartier Saint-Jean (Triolet, Prem. accroc, 1945, p. 182) »

COUR COMMUNE - CLOS(E)
La cour commune, découverte et entourée de murs, de bâtiments ou de clôtures, apporte une certaine proximité entre l'espace public et privé. La Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 du Code civil marque un espace en copropriété à distinguer de l'espace public. A l'origine dédié aux activités artisanales (vannerie, maréchalerie, menuiserie).
S'ensuivra le clos(e), réinterprétation de la cour selon R. Unwin, qui s'avoisine à une transition par la voie sans issue vers le logement.

PERRON - EMMARCHEMENT - RAMPE
Le perron, petit escalier extérieur se terminant par une plateforme de plainpied avec l'entrée principale d'une habitation ou d'un monument . (Le Robert)
Le perron double du Château de Fontainebleau (9) est rendu célèbre pour les adieux de Napoléon à sa Garde.
Le perron simple de l'Elysée (9) pour accueillir les chefs d'Etats et autres personnalités par le président de la République.
L'emmarchement (2) est un escalier de quelques marches disposées sur toute la longueur d'une terrasse, d'un soubassement . (Larousse).
L'emmarchement de l'Arche de la Défense sert aussi d'amphithéâtre ouvert sur Paris ( idée de R. Auzelle dans un projet antérieur).

Dans l'espace public, les emmarchements s'accompagnent souvent d'une rampe (10). Elle est définie comme un plan incliné qui relie deux plans horizontaux.

Le plan de mise en valeur de la voirie et des aménagements des espaces publics (PAVE), conformément à la loi du 11 février 2005, oblige les collectivités à rendre accessible aux personnes handicapés ou à mobilité réduite l'ensemble des circulations piétonnières. Le traitement des transitions doit mériter toutes les attentions et être à l'échelle du piéton.

Les aspects économiques de la mise en oeuvre du PAVE ont pu constituer un frein important. Les difficultés techniques en particulier pour les monuments historiques doivent être traitées au cas par cas. Enfin, l'espace de transition devra tenir compte des déficits sensoriels (ouïe, vue) et moteurs.


V. CLOS(E), COUR, EFFET DE TRANSPARENCE, ECHELLE(S), ESPLANADE, GALERIE, PASSAGE, PLACE PUBLIQUE.